Simone (retourne) à l'école

23.9.18

Il y a presque un an, dans cet article, je vous parlais de la période difficile que je traversais. Je viens de le relire et chaque mot résonne encore en moi avec tant de justesse. Si je reviens me confier à cœur ouvert aujourd’hui, c’est parce que je suis fière d’avoir réussi à me relever un peu plus chaque jour et d’avoir franchi une nouvelle étape. Et je me dis, en toute humilité, que si mon témoignage peut aider quelqu’un d’autre, tout comme ça m’a aidé d’en lire, je me dois de le faire.

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Attention je te préviens, va chercher un truc à grignoter ou à boire parce que ça va être long, aujourd’hui c’est 3615 MyLife.

Retrouver son chemin

Après la rupture inattendue et inespérée de mon contrat de travail, la guérison a été plus facile. Même si bien sûr ça laisse des traces… J’ai eu la chance de tomber sur quelqu’un de bien à Pôle Emploi qui a compris mon incapacité à exercer le même métier et mon besoin de me tourner vers une nouvelle voie. Et me voici à l’aube de ma nouvelle vie. Il y a à peine quelques jours je commençais à me former à mon nouveau métier, créatif et manuel. Complètement à l’opposé de ce que je faisais avant, mais tellement plus proche de celle que je suis.

Cette année aura été celle de tous les changements. Changement de voie professionnelle, changements de rythme de vie, changement de vie tout simplement. Et pourtant tout s’est déroulé comme si c’était une évidence. Non pas que je n’aie pas dû me démener pour mettre en place ce projet de formation, au contraire. Au départ, ma conseillère Pôle Emploi et sa collègue « spécialiste » Formation m’ont donné des informations erronées. Selon elles, aucune aide financière ne pouvait m’être accordée. Pour une formation coûtant quand même plusieurs milliers d’euros ! Dépitée, je n’ai pourtant pas baissé les bras. J’ai vérifié leurs calculs et décelé une grosse erreur. J’ai remué ciel et terre, contacté la Région, le Greta… et j’ai pu enfin convaincre ma conseillère de monter le dossier de demande de financement. Que j’ai obtenu grâce à une lettre de motivation en béton. Finalement alors que je me résignais déjà à devoir retenter l’année prochaine, j’ai obtenu in extremis une place dans cette formation pour le mois de septembre !

C’est comme si l’univers me disait : « Vas-y continue, tu es sur le bon chemin. Si tu fais ce qu’il faut, tu peux y arriver. »

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L’importance de l’entourage

Pour certains c’est une décision totalement folle. Je suis simplement tombée sur la tête et quand j’aurais retrouvé mes esprits, je réaliserai que c’était une erreur. Ils ne le disent pas de cette manière bien sûr, mais je le lis dans leurs yeux et l’intonation de leur voix. Leur total désintérêt traduit leur étonnement et leur incompréhension. (« Bah tant que ça te plaît… »). Évidemment, je me fiche complètement de leur opinion. Ils ne sont pas moi, ils n’ont pas vécu ce que j’ai traversé et ne peuvent pas comprendre. Ça plus une part de jalousie de ne pas oser le faire eux-même, sans doute (« Moi aussi, si ça continue je vais me reconvertir »). Leur scepticisme ou totale indifférence n’ont pas ébranlé le moins du monde mon envie et ma détermination.

Heureusement, la majorité de mes proches a compris ma décision et n’a pas semblé plus étonné que ça. Au contraire, ils étaient emballés ! Et là où la petite voix maléfique de mon inconscient m’insufflait encore quelques doutes, eux n’en avaient apparemment aucun : « Ah mais oui, c’est tout à fait toi ! » Je dois dire que ça rebooste (et ça cloue le bec à cette maudite voix). On ne le dira jamais assez : s’entourer de personnes positives et qui nous poussent vers l’avant c’est TRES important.

Se redécouvrir et s’apprivoiser soi-même…

A quelques jours de mon entrée en formation, j’avais tellement hâte de commencer cette nouvelle vie ! Et en même temps j’étais terrorisée. Je plonge dans l’inconnu le plus total. Ça fait un an que je n’ai plus d’horaires quotidiens. J’avais peur de ne pas être capable de suivre le rythme. De ne pas supporter les 3 heures de route quotidiennes.

Quand je repense à tout ce que je faisais avant, j’ai du mal à croire que c’était moi. Avant je me sentais forte. Je savais que je pouvais tout encaisser ou presque. Je n’avais pas peur. Mais depuis mon burn-out, les choses ont changé. J’ai peur… de moi-même. De cette nouvelle moi, que je ne connais pas encore très bien. Le fait de me rendre compte que je n’étais pas maître de mon corps et de ses capacités m’a perturbée. Je n’ai plus confiance en moi.

J’ai l’impression d’être plus vite fatiguée, d’avoir besoin de davantage de repos, d’être devenue lente… Alors qu’en fait c’est juste qu’avant je n’étais pas à l’écoute de mon corps, de mes sensations ! Non je ne suis pas plus vite fatiguée, je suis juste plus à l’écoute des signaux qu’en temps normal on ne remarque pas et qui sont là pour nous dire « stop, là tu as besoin de ralentir, de respirer, de te reposer ». Je ne suis pas plus lente, je ne vis plus comme avant, enchaînant les tâches et activités en mode speed pour cocher toute ma to-do liste. Je ne vais plus au-delà de mes limites, au-delà de ce que mon corps et mon esprit peuvent supporter.

… et faire taire cette voix qui me fait douter

Parce que oui, même si je suis sûre de mon choix, elle est toujours là, tapie dans l’ombre, à murmurer des pensées négatives pour me faire douter. « Et si tu t’étais trompée ? » « Et si tu n’y arrivais pas ? » Tu la connais toi aussi ? C’est qu’elle déborde d’imagination pour parvenir à ses fins et nous paralyser, englués dans la peur et les doutes.
Du coup moi aussi j’essaie de rivaliser d’imagination pour la faire taire le plus possible. Je me suis répété des phrases positives du style « Je n’ai pas peur, j’ai simplement hâte de commencer », « Je vais y arriver, je suis prête, je suis faite pour ça, je vais tout déchirer », « c’est exactement la vie que je veux » etc. C’est tout bête mais ça marche bien.

Ensuite je me suis inspirée du Dr Amélia Shepherd dans Grey’s Anatomy et j’ai testé « la position de Superman » Oui, oui, tu as bien lu ! Regard haut, poitrine ouverte, poings sur les hanches. Si tu es fan de la série tu verras de quoi je parle. Sans blaguer, je te conseille d’essayer, je trouve que rien qu’adopter cette posture, confiante et conquérante, on se sent déjà plus sûr de soi

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Et puis, sans le vouloir, j’ai pensé à eux. Celles et ceux qui m’ont mise plus bas que terre. Cette opportunité qui m’est donnée, c’est une revanche sur ce qu’ils m’ont fait. Car chaque pas que je fais dans cette direction m’éloigne de ce que j’ai traversé, de la vie que je menais avant, et des personnes malveillantes que je côtoyais. D’un coup toutes mes peurs se sont envolées. Ne restait plus que la certitude d’aller dans la bonne direction, l’impatience de commencer, l’enthousiasme de découvrir. Et l’envie.

« Le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre »
N. Mandela

La première semaine est terminée et mon intuition était bonne. La tempête que j’ai traversé ces dernières années me semble tellement loin ! Comme si c’était dans une autre vie. Certes, c’est intense et fatiguant. Mais ce n’est rien comparé au plaisir que j’ai d’apprendre ce métier, et de me sentir enfin à la bonne place. C’est comme une évidence. Je fais ce que j’aime, je me sens bien, et ça, ça n’a pas de prix.

  

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Commentaires :

  1. J'ai pris plaisir à lire cet article dans lequel tu te livres, d'autant plus que certaines phrases me font écho. Il faudra d'ailleurs que j'essaie la "position de Superman" la prochaine fois que le doute essayera de prendre le dessus. Je te souhaite le meilleur pour la suite.

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    1. Merci beaucoup Emmanuelle. J'espère que ça fonctionnera aussi pour toi !
      A bientôt =)

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