Tomber pour mieux se relever

30.12.17

Ça fait un petit moment que je voulais écrire par ici. J’aurais voulu vous parler de noël, de cette année qui se termine, de ce qui m’arrive en ce moment… Mais rien à faire, les mots ne voulaient pas sortir. En tout cas pas dans le bon ordre. Je suis comme un puzzle dont j’ai du mal à retrouver tous les morceaux pour les remettre à la bonne place.

Burn out. Le gros mot est marqué noir sur blanc. Depuis presque deux mois je suis en arrêt. J’ai l’impression que c’est arrivé sans que je m’en rende compte, mais finalement, en relisant mon « journal », je réalise qu’il y avait des signes. Jour après jour j’y ai noté des éléments qui ont préparés ma chute. Inévitable.

Non, ça n’arrive pas qu’aux autres


Je suis tombée au plus bas. Transformée en zombie, j’étais dans un sale état. A peine quelques jours après une semaine de congés, je rentrais du boulot vidée. Je pleurais le soir. Toutes les choses du quotidien étaient devenues difficiles. J’étais incapable de faire mes courses ou de me préparer à manger. Je mettais de plus en plus de temps à sortir de mon lit le matin (45 minutes le dernier jour…). Jusqu’au jour où j’ai atteint ma limite. Tremblements, pleurs, état léthargique, poids énorme sur la poitrine qui m’empêchait de respirer…

Je me croyais forte mais à force de trop prendre sur soi un jour la coupe est pleine. Les nerfs lâchent et on ne contrôle plus rien. Ni son corps, ni son esprit.

Ce qui m’a fait couler

La cause de tout ça, un travail qui n’a plus aucun sens. Des moments de rushs intenses où je ne sors plus la tête de l’eau et d’autres où je peux avoir des journées complètement vides. Ajoutez à cela une cadre manipulatrice-perverse-narcissique au comportement proche du harcèlement et vous avec le cocktail du burn-out on the rocks.

Il suffit parfois d’une personne pour foutre en l’air une structure. Surtout si la direction lui donne carte blanche. Elle est sur le dos de tout le monde en permanence, cherche constamment à écraser les autres pour se valoriser. Pique des crises comme une hystérique dès qu’elle n’obtient pas ce qu’elle veut ou que quelqu’un a le cran de s’opposer à elle (y compris des intervenants extérieurs qui auraient le culot de ne pas se laisser faire.)

Je faisais partie de ces gens-là. Elle ne me faisait pas peur avec ses grands airs et il m’est arrivé de la remettre à sa place plusieurs fois (#fièredemoi). Mais dernièrement elle s’est mis le directeur dans la poche encore plus que d’habitude. Il la soutient et n’écoute que sa version. Elle a réussi à ce que je me fasse engueuler sans raison en ayant transformé la vérité à sa sauce, juste pour se venger du fait que je ne réponde pas à ses moindres désirs (autrement dit, je ne rapplique pas à chaque fois qu’elle me siffle pour une soit-disant urgence pas du tout urgente).

Mon travail a toujours été irréprochable, et je suis appréciée de tous mes collègues. D’ailleurs, la plupart ont pris de mes nouvelles et ont compris les raisons de mon burn-out sans que je dise quoi que ce soit.


Je viens d’apprendre qu’une collègue également en arrêt venait de démissionner…


Tout le monde fuit cet environnement toxique.


Remonter à la surface…

J’essaie de me relever mais c’est plus dur que ce que je pensais. D’abord il y a la honte, de se dire qu’on est tombé, alors que les autres font avec. Qu’ils ne vont pas comprendre. Après on réalise qu’on s’en fiche. Que l’important c’est notre bien-être. Mais il y a aussi une grosse perte de repères. De confiance en soi.

Je remonte la pente tout doucement, un jour après l’autre. Je ne suis plus au plus bas comme au début, mais c’est fragile. J’oscille entre les moments où ça va un peu mieux, et ceux où ça ne va pas du tout, comme lorsque j’appréhende la reprise du travail.

J’ai arrêté toutes les activités que je pratiquais, même celle qui me procurait du plaisir. En fait je n’éprouve plus aucun plaisir à faire quoi que ce soit. La joie a disparu du vocabulaire de mes émotions. Je fais les choses comme un robot, par obligation. Manger (peu), faire les courses, regarder la télé. J’ai l’impression de ne plus rien ressentir. Même les choses que j’aimais, sur lesquelles je m’émerveillais, ne me font plus ni chaud ni froid. Bref il y a encore du boulot.


… Et se reconstruire pour avancer

Le chemin est long. Et l’ai l’impression de ne pas remonter assez vite. C’est pour ça que j’ai pris mon clavier. Je me dis que ça pourrait peut-être m’aider de mettre des mots sur tout ça, même si c’est encore extrêmement confus et désorganisé (totalement le reflet de mon état à vrai dire). D’ailleurs je m’excuse d’avance pour cet article un peu beaucoup décousu.

Concrètement je ne sais plus où j’en suis. Je sais que je ne veux (peux) plus rester là-bas. C’est devenu une question de survie. Après tout j’ai tenu assez longtemps, ça fait des années que j’attends une opportunité pour partir. Et bien j’ai assez attendu. Le cap des 30 ans qui ne va pas tarder à arriver y est sûrement pour quelque chose. Il est temps d’agir, de donner un coup de pouce au destin.


Il est temps de vivre la vie qui me rendra heureuse, la vie qui me ressemble !


Vers un nouveau chapitre

Vous l’aurez compris, mon année 2017 n’aura pas été au top et je suis bien contente qu’elle se termine. Je l’avais commencée clouée au lit avec la grippe et deux tartines beurrées en guise de repas de réveillon (youpiii) et je la termine par un burn out…

Je vais tout faire pour que 2018 soit une année de changement et d’épanouissement ! Pour ça je vais me relever, et me battre. Un jour à la fois. D’abord pour reprendre goût à la vie et me reconstruire. Retrouver un peu de celle que j’étais avant, et devenir celle que je suis vraiment.

J’ai commencé par un passage chez le coiffeur. Se débarrasser de ces longueurs comme pour se libérer d’un poids. Retourner au court que j’aime tant et qui me correspond si bien. Se retrouver et se sentir déjà un peu mieux. Tout doucement je me répare. Je réapprends à me faire plaisir, et à faire les choses que j’aime.

Comme ces quelques petites choses qui me permettent d’oublier et me font me sentir bien. Dès choses que j’aime faire même si je dois me forcer au début.

Le yoga, la méditation, relaxation. Ça me fait beaucoup de bien. Je respire mieux, sans ce poids qui m’oppresse.

La lecture. J’ai plongé dans les livres, pour m’évader, oublier ma situation. D’ailleurs je vous prépare un article pour vous en parler en détail.

La couture. Oui vous avez bien lu. L’idée est venue je ne sais plus trop comment, quelques jours avant mon « pétage de plombs ». Un besoin de faire quelque chose de mes mains. Quelque chose de concret. Pour l’instant c’est la seule activité qui me donne envie de quitter mon lit le matin. Qui me donne envie de FAIRE quelque chose de ma journée, au lieu de rester en mode « bug » dans mon canapé. Agir pour ne plus penser. J’imagine des idées de créations, je découpe, j’épingle, je choisis mes tissus, j’assemble, je pique, je retourne et tadaaam ! La satisfaction d’avoir réalisé quelque chose de joli pour de vrai. Magique. Salvateur.

Cette expérience est en train de me changer profondément. Je le sens. Comme si elle laissait une marque visible. Comme toutes les épreuves que l’on traverse et qui impriment leur trace au plus profond de notre être, de notre âme. Je me réaligne un peu plus encore avec mes valeurs, ma façon de voir la vie. Je prends davantage de recul sur ce qui n’a pas d’importance, et m’attarde sur les détails, les petits riens qui comptent beaucoup plus. Je positive. Toujours. Je me dit que ça pourrait être pire. Que mes proches, ceux qui comptent le plus, sont là pour moi. Qu’ils sont en bonne santé. Le principal est là. Le reste ça se travaille.


Prenez soin de vous <3

A très vite,

Commentaires :

  1. Ah lala... Comme je peux te comprendre. J'ai envie de te dire que tu ne dois pas avoir honte, mais je suppose que tu te diras "facile à dire" ;)
    J'espère que tu vas aller vite mieux et que tu vas trouver le courage (et surtout la possibilité) de quitter ton travail s'il te rend malade. Pour le coup, ce serait vraiment top si tu pouvais te réorienter dans le domaine de la couture (ça aussi je sais, c'est facile à dire ^^).
    En attendant prends soin de toi, pense à toi et fais des choses que t'aime. Entoure toi de positif le temps qu'il faut pour pouvoir à nouveau affronter les cotés négatifs de la vie...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Caddle, tu ne sais pas à quel point ton message m'a touchée. Et en plus tu as su lire entre les lignes, je suis assez bluffée ! En effet, une reconversion dans la couture me plairait beaucoup. Je cois avoir trouvé une formation, j'espère que ça pourra se faire.
      Et en attendant j'essaie de redevenir assez forte pour affronter tout le reste.
      Merci pour ton petit mot de soutien <3
      Je te souhaite une belle année 2018 =)

      Supprimer